02.05.2006
Camille, la sirène à tête de chien
Camille est l'épouse de Pierre.
Au départ, Camille était une sorte d'allégorie du désir incompréhensible. Quelque chose l'a mordue et elle tombe sous l'emprise de son désir pour le coursier. L'allusion à Pasiphaé et au Minotaure est explicite. Son délire pendant qu'elle fait l'amour avec Pierre reprend un texte que j'avais écrit il y a des années de cela.
On retrouve par ailleurs Pasiphaé dans le récit "Icare" à paraître chez Hachette et le Minotaure dans "Thésée" paru il y a quelques années.
On peut donc parler de... thème récurrent.
Mais dans le fond, je ne suis pas allé jusqu'au bout de l'idée. Le personnage hésite - et moi avec elle - entre un désir plus fort qu'elle comme une malédiction, un désir de vengeance vis à vis de son mari et une volonté d'être enfin désirée de tête et de corps.
Un vrai parti pris aurait été de donner à sa relation avec Antoine une dimension bestiale pour reprendre l'idée du mythe. Mais...
Il y avait quelque chose qui m'intéressait également, peut-être même d'avantage, qui était le caractère fugace de son désir, qui est très fort lorsqu'il se limite à la zone de la pensée ou du fantasme et qui retombe lorsqu'il entre dans le concret.
En particulier, la scène du cimetière me semble intéressante en ce que Camille touche à l’autre extrémité, la mort qui la refroidit littéralement, étouffant son désir. Je pense à L’éducation sentimentale, lorsque Me Arnoux projette de se donner à Frédéric et que la maladie subite de son enfant l’en dissuade. Frédéric est furieux, avec cet égoïsme si particulier du désir contrarié. Que peut devenir le désir de Me Arnoux face à la menace de la maladie et de la mort de son enfant ? Il retombe et disparaît absolument alors qu’il la portait jusque là comme une force irrésistible.
C’est un peu ce qui se passe avec Camille qui voit son désir disparaître au contact des morts, si bien qu’elle est obligée de le raviver d’une manière toute intellectuelle, qui est à mon sens une vraie trahison vis-à-vis de son mari, un acte contre lui, prémédité.
Je voulais un Antoine fou furieux, un genre de serial killer, mais c'est finalement devenu un pauvre gars au coeur tendre. Je ne sais pas si ça marchait?
Dans tous les cas, Antoine disparu, il fallait bien trouver quelqu'un pour la pauvre Camille.
22:45 Publié dans Camille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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