19.05.2006
Alexis se saoule à mort
Ce chapitre reprend les éléments d'un roman jamais publié que j'avais écrit en 98. Au départ, un personnage qui se marginalise en quittant le monde dur mais protecteur de l'Entreprise...
Dans le fichier joint, les deux versions à la suite:
Ça_commence_au_moment_ou.doc
15:08 Publié dans Alexis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2006
La multiplication des points de vue
Plus de divisions en cahier, donc, où chaque personnage s'exprimerait individuellement, comme dans "Ambiguïtés" de Perlman, mais... autre chose.
C'est probablement la demande de modification la plus casse-gueule. Peut-on reprendre un récit en le restructurant entièrement? Peut-on parler du même livre? La structure du récit et le récit en lui-même sont ils dissociables?
Ma proposition est la suivante: diviser le récit en 3 journées.
Samedi: les personnages et l'intrigue sont posés dans un lieu unique et un temps très ramassé. Chacun se passe le relais de la narration dans une multiplication des points de vue
Dimanche: les personnages mûrissent leurs projets dans des lieux dispersés
Lundi : les personnages agissent puis se retrouvent dans un lieu unique, bouclant le récit
Epilogue
La technique des points de vue est compliquée dans la mesure où l'on doit savoir, dès l'ouverture du chapitre, qui parle. Il faut des repères aux lecteurs d'autant qu'il s'agit souvent de la même scène racontée par des personnages différents.
La V1 proposait ce genre de construction mais la division en cahiers soulevait toute ambïguité sur "qui parle". Ici, la structure en cahier est en quelque sorte atomisée en chapitres quasiment indépendants les uns des autres.
A télécharger, trois chapitres où l'on passe du point de vue du coursier (Chap1) à celui de Guillaume (Chap2) pour revenir sur celui du coursier (Chap3).
Problème de taille : est ce compréhensible pour le lecteur? Faudrait-il d'avantage de repères?
3chap.doc
12:20 Publié dans Structures narratives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2006
Pierre sur les Champs
Ecrit ce matin, dans le Parc Monceau - un peu frais, tout de même
C'est une des premières scènes que j'ai écrite dans la V1. A l'origine, c'est Aurore qui raconte. Il devait y avoir une sorte de mystère autour de la relation entre Ange (qui s'appelle Jean maintenant) et elle. Mais, dans la construction du récit d'origine, le mystère m'a pas mal gêné: comment le conserver alors qu'on a un point de vue de l'intérieur, celui d'Aurore?
Il m'a semblé intéressant, dans la V2 d'avoir un point de vue extérieur, celui de Pierre en l'occurrence qui est à mon avis la personne la plus susceptible de réactions violentes (à l'exception de Sophie, bien sûr, mais je ne voulais pas du tout m'engager dans cette voix là).
Cela permet également de préparer l'intervention de Pierre dans le big deal et de lancer des fausses pistes.
Seul souci : la présence de Pierre sur les Champs, et sa rencontre avec son père est elle crédible. Ne sont-ce pas de grossières ficelles?
pierre-champs.doc
10:35 Publié dans Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Camille et Pierre font l'amour
Ecrit ce matin
Cette scène est reprise de la V1 mais modifiée pour gommer la référence au mythe de Pasiphaé - transformation de Camille en animal- puisque l'objet de son fantasme n'est plus Antoine désormais, mais Bruno, un collègue de son mari.
A travers cette scène, Camille dévoile un peu plus la nature de ses relations avec son mari. Dans le récit, la scène se situe le deuxième jour, dimanche.
J'ai hésité entre clore la scène comme ci-dessous, ou par la phrase fatidique : "Je ne suis pas ton Gynéco, Camille"
télécharger le texte au format word 20ko pierre_et_camille_font_l_a.doc
10:10 Publié dans Camille | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
04.05.2006
Alexis est-il vraiment lâche?
Dans la première version, Alexis ouvre le récit. Il s'adresse à son père, lui raconte sa vie, comment et pourquoi il jette l'éponge.
Le personnage a suscité deux réactions intéressantes chez mon éditeur.
On l'a jugé très contemporain dans cette pression permanente qui pèse sur lui, tant dans le privé que dans le professionnel - point de vue masculin.
Mais on l'a trouvé lâche également - point de vue féminin.
Sur le moment, j'ai eu envie de répondre à la place d'Alexis, comme si je voulais défendre sa cause, je veux dire en tant qu'homme moi-même.
Mais finalement, ce point de vus m'a permis de modifier le traitement du personnage qui, pour le coup ne s'adresse plus à son père mais à sa femme, comme si tout le déroulé du récit venait de cette phrase qu'elle lui aurait dite "Alexis, tu es un lâche". C'est un besoin que j'ai de justifier la parole, comme au théâtre : il faut que les personnages aient de sérieuses motivations pour dire ce qu'ils ont à dire. Le reproche m'a semblé en être une.
Par ailleurs, Alexis cumulait trop de casseroles. Il s'adresse à son père dans la première partie du cahier, pour finalement se tourner vers sa femme.
Donc, j'ai donné à Pierre tout ce qui traitait de la relation avec le père, à travers le big deal, et donc l'argent - ce qui va bien avec le personnage. Et j'ai laissé à Alexis une relation centrée sur ses rapports avec sa femme, son couple et son travail.
Dans la seconde version, Alexis et Amélie sont évoqués seulement le premier jour, mais commencent leur histoire vraiment les deux jours suivant.
22:20 Publié dans Alexis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.05.2006
Pierre, personnage secondaire
Pierre, le fils aîné, celui qui marche dans les traces de son père.
C'est un personnage assez flou, conventionnel, principalement intéressé par l'argent. Sa psychologie est assez sommaire, il ne bénéficie pas de "cahier" et sert de mise en relief à Camille et, d'une certaine manière à Aurore.
Ce personnage illustre bien les limites de la forme en "cahiers". Il y a en réalité un fort potentiel dans ses relations avec sa femme et son rapport avec l'argent, c'est à dire le big deal, une des fausses pistes du récit. Mais a-t-il suffisamment à dire pour "tenir" tout un cahier?
Mon éditeur a trouvé la scène avec Aurore un peu bâclée. C'est vrai qu'il ne se passe pas grand chose, cette montée du désir qui retombe bien vite. Dans mon esprit, c'était un homme assez froid, droit, incarnant les valeurs de la famille qui se retrouvait en contradiction avec ses valeurs face à Aurore. Ou bien encore, c'est un homme habitué à disposer des autres - et donc d'Aurore.
Sa courte relation avec Aurore est elle bien utile? Le récit pourrait bien s'en passer. Lui aussi. Ca ne changerait rien à l'histoire.
00:30 Publié dans Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.05.2006
Camille, la sirène à tête de chien
Camille est l'épouse de Pierre.
Au départ, Camille était une sorte d'allégorie du désir incompréhensible. Quelque chose l'a mordue et elle tombe sous l'emprise de son désir pour le coursier. L'allusion à Pasiphaé et au Minotaure est explicite. Son délire pendant qu'elle fait l'amour avec Pierre reprend un texte que j'avais écrit il y a des années de cela.
On retrouve par ailleurs Pasiphaé dans le récit "Icare" à paraître chez Hachette et le Minotaure dans "Thésée" paru il y a quelques années.
On peut donc parler de... thème récurrent.
Mais dans le fond, je ne suis pas allé jusqu'au bout de l'idée. Le personnage hésite - et moi avec elle - entre un désir plus fort qu'elle comme une malédiction, un désir de vengeance vis à vis de son mari et une volonté d'être enfin désirée de tête et de corps.
Un vrai parti pris aurait été de donner à sa relation avec Antoine une dimension bestiale pour reprendre l'idée du mythe. Mais...
Il y avait quelque chose qui m'intéressait également, peut-être même d'avantage, qui était le caractère fugace de son désir, qui est très fort lorsqu'il se limite à la zone de la pensée ou du fantasme et qui retombe lorsqu'il entre dans le concret.
En particulier, la scène du cimetière me semble intéressante en ce que Camille touche à l’autre extrémité, la mort qui la refroidit littéralement, étouffant son désir. Je pense à L’éducation sentimentale, lorsque Me Arnoux projette de se donner à Frédéric et que la maladie subite de son enfant l’en dissuade. Frédéric est furieux, avec cet égoïsme si particulier du désir contrarié. Que peut devenir le désir de Me Arnoux face à la menace de la maladie et de la mort de son enfant ? Il retombe et disparaît absolument alors qu’il la portait jusque là comme une force irrésistible.
C’est un peu ce qui se passe avec Camille qui voit son désir disparaître au contact des morts, si bien qu’elle est obligée de le raviver d’une manière toute intellectuelle, qui est à mon sens une vraie trahison vis-à-vis de son mari, un acte contre lui, prémédité.
Je voulais un Antoine fou furieux, un genre de serial killer, mais c'est finalement devenu un pauvre gars au coeur tendre. Je ne sais pas si ça marchait?
Dans tous les cas, Antoine disparu, il fallait bien trouver quelqu'un pour la pauvre Camille.
22:45 Publié dans Camille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.05.2006
Antoine est mort, vive Gabriel
Finalement, je suis bien obligé de me débarrasser d'Antoine, qui fonctionnait bien gros.
Abandonner un personnage est toujours douloureux, pas tant à cause d'un supposé attachement - après tout, il continue à vivre, ce n'est pas parce que son histoire n'est pas rendue publique qu'il s'efface complètement - mais plutôt par rapport au temps qui lui a été consacré, réduit à néant. Et puis il y a ce sentiment d'échec.
Qui remplace Antoine alors?
J'imagine un coursier "humaniste" qui accompagne Ange tout au long du récit jusqu'à prendre la place d'Aurore qui disparaît du récit.
Hypothèse 1 : la figure du coursier s'apparente à celle de l'Ange du film "Théorème" de Pasolini. Le coursier devient le lien entre tous les personnages. Mais la proximité physique du coursier et d'Ange pourrait laisser supposer une relation homosexuelle qui est une orientation qui ne m'intéresse pas du tout - et qui ne colle pas au récit. Dans cette version, le coursier continue d'avoir une relation avec Camille - mais plus positive cette fois-ci, mais je me retrouve un peu coincé avec les autres personnages. Quel genre de relation peut-il avoir avec Guillaume, Sophie, Alexis?
Hypothèse 2 : le coursier est un homme de l'age d'Ange - qui exclut la relation homosexuelle, en tout cas dans mon esprit. Un type simple qui vit différemment les évènements et choisit d'accompagner Ange comme une expérience de vie... Mais toujours cette question : quels liens avec les autres personnages?
Je sens intuitivement qu'il y a une meilleure solution, plus riches en possibilités.
Je pense alors à Solal, personnage plus que secondaire, l'ami d'Ange qui est médecin, qui va s'imposer comme le meilleur personnage permettant d'ouvrir et de fermer le récit. De plus, le fait qu'il soit le médecin d'Ange permet une proximité des corps très riche.
Mais Solal est un riche chirurgien Juif d'une clinique privée. Je lui retire sa confession, sa fonction et son prénom pour en faire un médecin toujours, mais dans un hôpital public.
Et voilà donc Gabriel, médecin humaniste, messager et accompagnateur, qui surgit dans la famille en ami et ancien amoureux de Sophie qu'il n'a pas revue depuis trente ans.
10:45 Publié dans Antoine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
