03.10.2006
Fin de la troisième version
Voilà, la troisième version du récit a été envoyée pour lecture chez Robert Laffont.
Petit bilan des modifications :
- Tous les personnages s’adressent à Jean
- Sophie et Guillaume sont utilisés comme liants dans la description « opérationnelle » de la journée
- Apparition d’un chapitre consacré à Amélie
- Apparition d’une introduction au récit
- Déplacement du récit de la rencontre Jean / Sophie en fin de journée
- Réorganisation des interventions
- Déplacement et appauvrissement de la scène du cimetière, prélude à la rencontre entre Jean et Camille
- Personnification des manières de parler propres à chaque intervenant
- Disparition de certaines scènes secondaires, dont le conflit Camille / Pierre dans la salle de bains
- L’action ne se déroule plus sur 3 mais 2 jours.
Le premier chapitre:
Lundi 22 juin
Sophie
Parce que c’était mon rôle d’épouse et de mère de te défendre et de rassurer tes enfants, disant qu’il y avait forcément une explication à ton geste qui nous apparaîtrait avec le temps, il fallait du temps, avoir le recul nécessaire pour ne pas nous lancer au hasard des reproches et de la colère, des choses dites et regrettées aussitôt.
- Ah mais moi, a répondu Pierre, je ne regrette pas une seule seconde tout ce qui vient d’être dit, qui n’est que la vérité. Et tout le monde est d’accord ici, j’en suis sûr, même toi.
Il avait raison. Tout le monde était d’accord, même moi.
- Pierre, lui ai-je répondu. Je ne te permets pas de parler de ton père ainsi !
Guillaume a pris la relève :
- Ok, très bien maman. Dis nous ce qu’il faut en penser alors ? Est-ce que papa t’a parlé ? Est-ce qu’il t’a appelé ? Puisqu’il ne nous a rien laissé, à nous, est-ce qu’il a laissé quelque chose, un mot ? Dis nous ! On est tous là à t’écouter.
Ils étaient là, assis face à moi, nos trois garçons, réunis, parlant d’une seule voix pour la première fois.
J’ai menti, pas pour te défendre cette fois-ci, mais par orgueil, répondant « Oui, votre père m’a laissé une lettre ».
- Oh vraiment ? a continué Guillaume. Qu’est-ce qu’il dit ? Tu peux nous la lire ou bien c’est comme toujours, top confidentiel ?
Tu sais quelle femme je suis, Jean, qui déteste tellement les conflits. J’étais désemparée. Et pourtant ! Ces mots qu’il ne fallait pas dire, parce qu’ils l’étaient sous l’emprise de la colère, je les ai dit :
- Qu’est-ce que vous connaissez de votre père ? Vous le jugez, mais vous ne savez rien ! Depuis qu’on est arrivé, je n’entends que des paroles terribles. D’abord ça a été votre père, puis Gabriel, et c’est mon tour maintenant ! Pierre, Alexis, Guillaume, qui croyez-vous être ? Pour qui vous prenez-vous ?
- Tes enfants, a répondu Guillaume. Juste tes enfants, si ça veut dire quelque chose pour toi !
Je n’ai pas su quoi répondre. Amélie est intervenue, demandant :
- Arrêtons là. S’il vous plait. Il est presque quatre heures. Tout le monde est extenué. Allons nous coucher et reparlons de tout ça demain matin.
Pierre est resté, sous le prétexte de ne pas me laisser seule, ne parvenant pas à décolérer, répétant sans arrêt « Quand je pense qu’hier encore… ».
Je lui ai demandé de me laisser maintenant, parce qu’il serait certainement plus utile en forme demain, qu’en colère cette nuit. Il m’a demandé « Es-tu sûre maman ? Es-tu sûre ? ». Et puis aussi, au moment de monter :
- Il n’y avait pas de lettre, n’est-ce pas ?
Pas de lettre, pas de mot, pas d’appel. Rien.
Seule, j’ai ouvert les fenêtres pour respirer et l’air de la mer m’a calmée.
Tout en bas, sur la plage, j’ai aperçu la silhouette de Gabriel qui t’attendait, assis à même le sable, le menton posé sur les genoux, me donnant presque mauvaise conscience de ne pas être à ses côtés. Que lui avais-tu dit ? Que savait-il de plus que moi ?
Je suis montée pour m’allonger un peu, laissant derrière moi une lumière pour ton retour et celui de Gabriel.
A l’étage, la chambre de Guillaume était allumée. J’ai frappé et je les ai trouvés là, tous les trois, Alexis à la fenêtre, Guillaume allongé sur le lit et Pierre, debout, passant en revue ces deux jours, disant :
- C’est du n’importe quoi ! Avec le fric qu’il y avait à la clef ! Je n’y crois pas une seule seconde.
Ils se sont tus en m’entendant.
J’ai refermé la porte, regagnant ma chambre, je me suis étendue sur le lit et j’ai éteint la lumière.
J’étais seule, sans plus rien à protéger, ni à sauver. Maintenant, c’était entre toi et moi que ça se passait.
Alors je me suis adressée à toi, mon mari depuis trente ans, te demandant :
- Comment, Jean, comment as-tu pu ?
10:12 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : blog littéraire, récit, écriture, roman

Commentaires
Ce n'est pas l'étape la plus facile, cette attente...Je n'ai pas tout lu, seulement des passages, mais vous écrivez bien. Courage pour la suite.
Ecrit par : marie pierre françois | 10.10.2006
Une chose est sûre, je vais acheter votre premier livre...J'en ai lu quelques extraits, et je SAIS qu'il va me plaire....Mais j'attends d'avoir fini mon manuscrit, pour ne pas , inconsciemment, être influencée.J'aime votre style, élégant, concis, dur...
Ecrit par : marie pierre françois | 15.10.2006
Je n'ai pas résisté, "La véritable histoire de mon père" est là...Je vais essayer de ne pas le lire tout de suite...Il faut que je finisse d'écrire. Je ne sais pas si je vais tebnir!
Ecrit par : marie pierre françois | 21.10.2006
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