02.04.2007

Ecrire à la main, encore

Pour compléter mes quelques remarques sur le thème de l’écriture manuelle, je voulais aborder la notion d’écrire « pour » ou « sur » Internet.

En ce qui me concerne, je triche, puisque j’écris d’abord mes textes dans word – à cause essentiellement de mon orthographe approximative – avant des les publier, c'est-à-dire de les rendre public.

L’expérience que j’ai menée sur ce blog se résume à rendre public mes textes, au fur et à mesure de leur écriture, mais en aucun cas, de les écrire POUR internet. Mon objectif a toujours été l’objet final, le livre.
J’ai donc toujours eu le sentiment de livrer des « objets finis ».

Tout autre est mon vécu sur cet autre blog, qui m’a donné l’impression d’écrire des choses molles, en perpétuelles modifications, comme une pâte à gâteau qui ne voudrait pas durcir, sans forme définitive.
C’est une impression très désagréable en fait – je ne parle pas de l’expérience marketing, juste de l’expérience écrite.

Peut-être les générations futures seront-elles rôdées à ces nouvelles formes ? Peut-être même, les écrivains chercheront ces formes informes, en perpétuels devenirs et rejèterons les formes « anciennes », enfermées dans un livre ? Peut-être la forme wiki, collaborative deviendra le schéma dominant.

C’est une idée qui me séduisait avant d’y participer pleinement, mais qui me laisse aujourd’hui une impression trouble de sables mouvants…

31.03.2007

Ecrire à la main, suite

Pour continuer cette réflexion concernant l’écriture manuelle vs l’ordinateur, je me suis aperçu que j’avais inconsciemment utilisé deux supports papier différents, selon les contenus que j’y écrivais.

Sur un grand cahier comptable, austère, à la couverture solide, au papier épais, la structure du récit, le caractère des personnages, la chronologie, les motivations profondes… Et sur un bloc souple au papier de mauvaise qualité, l’écriture comme elle vient, l’écriture gommée, barrée, reprise, vivante et en mouvement.

Comme si, finalement, le type d’écriture avait besoin d’un support qui lui soit propre.

Je ne me verrais pas définir la structure et les schémas du récit sur un support qui ne me semble pas permanent (le bloc note en papier recyclé). Mais, de la même manière, je ne me verrais pas utiliser un livre rigide, un cahier comptable fait pour durer avec des textes finalement éphémères.

Donc, il y aurait finalement trois supports. Deux « permanents », l’un supportant la structure du récit, que je vais garder comme référent (le cahier comptable) et l’ordinateur* comme garant de la version définitive.
Et entre ces deux supports "permanents", un brouillon informe et inutilisable après-coup, que je conserverai sans doute aussi, mais par pure coquetterie d’auteur…

En conclusion, ce récit, « De manière à connaître le jour et l’heure », m’aura réconcilié avec mon écriture manuelle, ce qui est, bien évidemment, riche de sens.

* Ecrire sur ordinateur, finalement, c'est déjà être dans un processus de socialisation de l'écriture. En formalisant son écriture avec l'ordinateur, on désire explicitement être compris. L'écriture manuelle, c'est surtout un échange avec soi-même.

14.03.2007

Le texte est terminé

Il est évident que ce long silence a quelque chose à voir avec le post précédent, comme si une rupture s’était faite avec ce blog à partir du moment où j’ai repris l’écriture manuelle.

Pendant ces quelques semaines de travail intensif, il ne m’a pas du tout semblé naturel de rendre public mes écrits, quand bien même, ce que j’écrivais à la main, je le recopiais sur mon ordinateur. Il semblerait que, tout se passe comme si l’écriture sur ordinateur abolissait la frontière entre privé et public. Avoir son texte sur son écran et le passer sur internet, la différence semble mince.

Mais en écrivant à la main, la frontière se reconstruit. L’écriture devient plus intime, ne souffre pas d’être morcelée. La concentration semble plus grande, l’écriture moins dispersée.

C’est aussi le risque de l’écriture à la main qui prend son temps d’avantage, non pas mécaniquement, mais parce que j’ai eu tendance à considérer la phrase de manière graphique, à la gommer pour y faire des trous, juste retour du refoulé peut-être, d’une écriture sur ordinateur où le texte est cadré et encadré, où la masse des mots est à peu près égale partout.

Le texte est terminé. Il sera envoyé sous peu, après les dernières corrections orthographiques.

S’il est accepté, ce blog prendra fin après un an d’existence.

25.01.2007

Ecrire à la main?

Il y avait cet article de Littérature sur l’écriture manuelle vs celle sur ordinateur qui m’est resté en mémoire comme un élément important de votre vie que vous ne voulez pas admettre.
Pour simplifier, on y dit que l’ordinateur est par trop structurant et qu’il impose un cadre que l’écriture manuelle libère.

Vouant un culte quasi pathologique à l’égard de mon ordinateur (je souffre quand il a mal, je me blesse quand il tombe etc…), je n’avais pas pris la pleine mesure de cette vérité : l’ordinateur influe sur le fond et la forme de mon écriture.

Il faut ajouter que, sans verser dans une étude psychanalytique de bas étage, je déteste mon écriture manuelle qui est celle d’un gaucher contrarié et suis toujours très honteux de mon orthographe incertaine.
Que de bonnes raisons pour ne jamais prendre un stylo.

Il a bien fallu pourtant que je m’y remette pour tenter de trouver une solution à mon incapacité à « trouver » Amélie. J’avais le fond mais pas la forme.

Aussi, ce matin, ai-je pris la liberté et trouvé le courage, de refermer mon ordinateur, de prendre un feutre que je m’étais acheté en prévision (finalement ça me travaillait…) et un gros bloc acheté idem, mais déjà utilisé…
Et là, je trouve Amélie, elle se libère et dit ce qu’elle a à dire, fond et forme.

Il me semble donc que certains personnages – Amélie, donc, mais probablement Sophie également – devront être écrits à la main.

Et d’autres garderont leur forme informatisée…